Maison énergivore

Logement énergivore : interdiction, travaux de rénovation, DPE : on vous dit tout !

Selon le chiffres officiels du gouvernement, près de 4,8 millions de logements français, soit près de 17% du parc immobilier, seraient très énergivores, avec une étiquette F ou G du diagnostic de performance énergétique (source). Ce constat édifiant a amené le gouvernement à prendre des mesures pour améliorer la performance énergétique du bâti résidentiel, notamment avec des aides à la rénovation énergétique et la loi climat de 2015.

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’un logement ait une empreinte énergétique très forte. En général, le surdimensionnement aggrave les performances et augmente les coûts. La stratégie la plus efficace pour améliorer l’efficacité énergétique de votre maison consiste d’abord à cibler les murs, le grenier, les fenêtres et les portes de l’enveloppe de votre maison. Ensuite, améliorez l’efficacité énergétique des systèmes tels que le chauffage, la climatisation, l’éclairage et les appareils ménagers. Enfin, songez à la production d’énergie propre comme l’énergie solaire ou géothermique. Faisons le tour du sujet pour donner la définition complète d’un logement énergivore, et intéressons-nous aux solutions pour réduire la consommation d’énergie à domicile.

Une maison énergivore, c’est quoi ?

Un logement énergivore est défini comme une habitation en surconsommation d’énergie par rapport aux besoins de ses occupants. Il peut s’agir d’une maison ou d’un appartement mal isolé et avec un système de chauffage peu adapté, qui ne garanti pas un confort thermique optimal aux résidents et entraine une consommation d’énergie anormalement élevée. Ces types de logements sont également parfois appelés des passoires thermiques, dans le sens où elles présentent des déperditions thermiques bien trop importantes, la présence de ponts froids qui permettent au froid de s’engouffrer dans l’habitation. Les maisons énergivores ont globalement toutes les mêmes caractéristiques : mauvaise ou absence d’isolation, système de chauffage peu performant ou mal adapté, présence de ponts thermiques et de zones froides, volumes trop importants à chauffer, construction et matériaux aux performances thermiques faibles… On retrouve des logements énergivores majoritairement chez les foyers à revenus modestes ou en dessous du seuil de pauvreté, qui ne peuvent entreprendre des travaux lourds faute de moyens. Heureusement, des dispositifs et des aides de l’État existent pour aider ses ménages en difficulté à améliorer l’efficacité énergétique de leur logement.

Comment savoir si sa maison est énergivore ?

Logement énergivore

Le diagnostic de performance énergétique est le document de référence pour identifier un logement énergivore.

Il n’est pas difficile de se rendre compte que sa maison est énergivore : la plupart du temps, cela entraine un surcoût très important sur la facture de chauffage ou d’électricité. Officiellement, c’est le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) qui fait foi. Ce document normé est établi par un professionnel agréé qui, après un bilan thermique du logement, va établir selon des critères précis une note de la performance thermique du logement, de A (excellente performance thermique) à G (très mauvaise performance thermique).

 

Ce document présente des informations complémentaires et chiffrées, telles que la quantité de rejet de gaz à effet de serre du logement. A partir du niveau D, on considère qu’un logement de type maison ou appartement peut être considéré comme énergivore. Heureusement, des actions ciblées peuvent être mises en place pour réduire significativement sa consommation d’énergie dans son logement et diminuer ses coûts énergétiques.

Comment rendre sa maison moins énergivore ?

Assurez-vous d’une bonne isolation

Une isolation efficace ralentit la vitesse à laquelle la chaleur sort de la maison en hiver ou entre dans la maison en été, de sorte que moins d’énergie est nécessaire pour chauffer ou refroidir la maison. Si votre maison n’a pas d’isolant mural et qu’elle possède des cavités murales plus ou moins continues (comme les murs à colombages conventionnels), l’isolant soufflé peut grandement augmenter votre confort et économiser suffisamment d’énergie pour être très rentable. (Il est rarement payant de souffler de l’isolant supplémentaire dans les murs déjà isolés).

Si votre grenier n’est pas fini, il est souvent payant d’améliorer son isolation. Trouvez un diagnostiqueur énergétique près de chez vous. L’expertise de votre entrepreneur est plus importante que le matériau isolant que vous choisissez. La fibre de verre, la cellulose et la plupart des matériaux d’isolation en mousse correctement installés peuvent tous réduire la conduction thermique du système mural complet.

La clé est « correctement installée ». Idéalement, l’entrepreneur utilisera une caméra infrarouge pendant ou après l’installation pour rechercher les vides et les ponts thermiques, de façon à ce que la chaleur produite par le chauffage reste à l’intérieur du logement.

Mettez à niveau ou remplacez les fenêtres de votre logement énergivore

Si vos fenêtres sont vieilles et fuyantes, il est peut-être temps de les remplacer par des modèles écoénergétiques ou d’accroître leur isolation avec des coupe-bises et des contre-fenêtres. Il n’est presque jamais rentable de remplacer les menuiseries simplement pour économiser de l’énergie. Le remplacement des vitrages peut entraîner des économies, mais les économies les plus importantes seraient associées au remplacement des fenêtres à simple vitrage. Cette mise à niveau serait rentable et augmenterait votre confort de démarrage.

Plantez des arbres et des arbustes d’ombrage

Si votre maison est plus vieille, relativement mal isolée et mal fenêtrée, un bon aménagement paysager (en particulier les arbres à feuilles caduques) peut vous faire économiser de l’énergie, surtout si elle est plantée du côté ouest de la maison.

En été, le feuillage bloque le rayonnement infrarouge qui réchaufferait la maison, tandis qu’en hiver, les branches dénudées laissent passer ce rayonnement. Bien sûr, si votre maison a une très bonne isolation, l’effet est beaucoup plus faible parce que l’enveloppe du bâtiment elle-même bloque déjà presque tout le gain de chaleur.

Utilisez un système à haut rendement énergétique

Si votre appareil de chauffage a été fabriqué avant 1992 et qu’il est muni d’un pilote permanent, il gaspille probablement 35 % du combustible qu’il utilise, et il est probablement vers la fin de sa vie utile. Dans ce cas, dans tous les climats sauf les plus chauds, le remplacement précoce par un four à condensation d’un rendement annuel d’au moins 90 % est recommandé. Ce type de chauffage ne gaspille pas plus de 10 % du gaz naturel que vous achetez et peut vous faire économiser jusqu’à 27 % sur votre facture de chauffage.

Si votre générateur d’air chaud a été installé après 1991, il a probablement une cote de performance énergétique annuelle de 80 %, de sorte que les économies découlant du remplacement sont moindres, mais seraient d’au moins 11 %, si l’appareil fonctionne parfaitement.

Pour les maisons avec chaudières et distribution de chaleur à eau chaude (radiateurs, plinthes), l’économie d’une chaudière à condensation moderne avec réenclenchement extérieur ou commandes équivalentes peut être considérablement plus importante, car les chaudières à condensation permettent de réduire presque toujours la température de la boucle de circulation. Un chauffage à haute performance énergétique améliorera mécaniquement l’étiquette énergétique de votre logement, surtout dans le cas où vous remplacer un vieux chauffage polluant par des énergies renouvelables. C’est le cas en remplaçant sa chaudière au fioul par une chaudière à granulés, par exemple.

Améliorez l’efficacité de votre système d’eau chaude

Tout d’abord, baissez la température de votre chauffe-eau jusqu’à ce qu’elle soit chaude (50C). Deuxièmement, isolez vos conduites d’eau chaude pour qu’elles ne refroidissent pas aussi rapidement entre les utilisations. Troisièmement, utilisez des appareils à faible débit pour les douches et les bains.

Bien qu’il y ait de nouvelles normes, ce n’est probablement pas suffisant pour justifier l’élimination d’un chauffe-eau existant qui fonctionne bien. Les entrepreneurs avancés installent maintenant des boucles de circulation d’eau chaude « à la demande » qui utilisent une petite pompe pour accélérer la distribution aux appareils d’éclairage éloignés, ce qui fonctionne bien avec les appareils à faible débit. Ceux-ci sont activés lorsque l’utilisateur ouvre le robinet d’une salle de bain ou d’une cuisine, et s’éteignent lorsque l’eau chaude atteint le luminaire.

Une boucle « hôtel » à recirculation continue gaspille d’énormes quantités d’énergie pour le chauffage de l’eau, sans parler de l’électricité utilisée pour le pompage.

Utilisez des lampes fluorescentes compactes (LFC)

Les ampoules fluocompactes peuvent économiser les trois quarts de l’électricité consommée par les incandescents. La plupart des gens ne pensent pas au fait que l’électricité pour le fonctionnement coûte beaucoup plus cher que l’ampoule elle-même.

L’une des nouvelles ampoules fluocompactes coûte environ deux ou trois euros, mais elle dure 10 000 heures et n’utilise qu’environ 27 watts pour produire autant de lumière qu’une ampoule incandescente de 100 watts. Pendant sa durée de vie, il consomme environ 22 euros d’électricité, soit un coût total d’environ 25 euros. Une ampoule à incandescence de 100 watts coûte 0,0010 euros, mais dure 1 000 heures, donc il en faut 10 pour durer 10 000 heures. Au cours de ces 10 000 heures, vous utiliserez 1 000 kilowatts d’électricité. Ainsi, le coût de l’éclairage fluocompacte est inférieur au tiers du coût de l’éclairage à incandescence.

Les meilleures cibles de remplacement sont les ampoules de 60 à 100 watts utilisées plusieurs heures par jour, car leur utilisation influe sur le temps nécessaire pour récupérer l’investissement.

Achetez un nouveau réfrigérateur, ne laissez pas l’ancien branché

Évitez la tentation d’utiliser l’ancien réfrigérateur comme réserve pour les fournitures de fête et les rafraîchissements liquides. L’efficacité du réfrigérateur s’est beaucoup améliorée au cours des trois dernières décennies. Dans ces circonstances, pensez à la quantité de réfrigération dont vous avez vraiment besoin.

La meilleure règle est d’avoir un seul réfrigérateur et de le dimensionner pour répondre à vos besoins réels. Cela permet le luxe d’une machine à glaçons et d’autres commodités similaires avec une conscience tranquille. Pensez également à la configuration.

Un réfrigérateur de taille similaire équipé d’un congélateur sur le dessus consomme de 20 à 25 % moins d’énergie qu’un modèle côte à côte et offre souvent plus d’espace utilisable pour le réfrigérateur et le congélateur.

Profitez des aides de l’état pour une meilleure performance énergétique

Des aides de l’état existent pour l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements énergivores. Les améliorations peuvent comprendre l’amélioration de l’enveloppe du bâtiment (fenêtres, isolation) et l’amélioration du chauffage et de la climatisation, ainsi que des énergies renouvelables sur place (systèmes solaires photovoltaïques et chauffe-eau solaires, éoliens et pompes à chaleur géothermiques). Les aides les plus connues sont les CEE (prime énergie) et MaPrimeRenov’. Rendez-vous sur le site du gouvernement pour plus d’informations à ce sujet, et vérifier si vous y êtes éligibles.

Planifiez une vérification énergétique pour votre maison énergivore

Les vérificateurs et les évaluateurs utilisent des outils et des compétences spécialisés pour évaluer votre maison. Ils recommandent les mesures les plus rentables pour améliorer son confort et son efficacité, ainsi que la meilleure séquence pour les faire afin de tirer parti des interactions. L’évaluateur peut également fournir une vérification indépendante de la qualité du travail de l’entrepreneur.

Quelles obligations pour les propriétaires de passoires thermiques ?

La loi climat de 2015 va plus loin dans la lutte contre les logements énergivores en interdisant d’ici 2025 l’interdiction pour un propriétaire de mettre en location un logement considéré comme tel. Et dès 2022, il sera également interdit pour les propriétaires d’augmenter le loyer d’une passoire thermique.

Comment cela s’applique concrètement ? Dès le 1er janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique, soit actuellement environ 600.000 logements, seront interdits à la location. En 2028, cette interdiction sera élargie aux logements classés F, puis en 2034, aux logements classé E.

Quelles sanctions pour la location d’une passoire thermique ? Si le logement ne respecte pas les critères de performances énergétiques imposés par la loi, le locataire disposera d’un recours contre le propriétaire bailleur. D’abord avec une tentative de résolution à l’amiable, il sera demandé au propriétaire de réaliser les travaux de rénovation énergétique et d’isolation nécessaire. A défaut, le locataire pourra entamer des poursuites au propriétaire. Le juge pourra, notamment, contraindre le propriétaire à effectuer les travaux nécessaires, imposer une réduction de loyer au locataire, ou imposer des dommages et intérêts en faveur du locataire.

Les propriétaires de logements énergivores ont donc tout intérêt à anticiper cette prochaine interdiction, et à entamer les travaux nécessaires pour garantir d’ici 2025 un niveau de décence énergétique suffisants pour leurs locataires.